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Publié : 6 janvier 2012

Rencontre avec un auteur de livres de jeunesse

Venue de Patrice Favaro le 25 novembre

Rencontre avec un auteur de livres de jeunesse :

Patrice FAVARO

Le vendredi 25 novembre, nous avons eu la chance d’accueillir dans notre classe Patrice Favaro, un auteur de livres de jeunesse.

Dans un premier temps, il a répondu à nos questions sur le livre que nous avions lu en classe : « Sagesses et malices de Birbal, le radjah » et plus largement sur le métier d’écrivain… Enfin nous avons inventé le tout début d’une histoire avec lui.

Pourquoi le choix des noms de Birbal et Ackbar ?

Ce n’est pas un choix : ce sont des personnages qui ont existé il y a près de 5 siècles. Ackbar veut dire grand, quant à Birbal c’était bien son nom. Ils n’avaient pas la même religion, Ackbar était musulman et Birbal hindou. Leur ville a plus tard été abandonnée car il n’y avait plus d’eau, les sources étaient taries.

Les histoires sont inventées mais les personnages ont vraiment existé et Birbal avait vraiment réponse à tout, il devait être très intelligent et avoir l’esprit logique.

Patrice Favaro n’a pas inventé ces histoires : il a choisi des histoires qui existaient dans la tradition orale, les a choisies et adaptées. Il s’est donc servi des personnages qu’il y avait dans ces livres quand on lui a demandé d’écrire un livre de petites histoires sur l’Inde.

 

Pourquoi ajouter des personnages au fil des histoires ?

Parce que si c’étaient toujours les mêmes personnages ce serait plus ennuyeux. En plus les personnages vont avec l’histoire donc il en faut de nouveaux pour pouvoir changer d’endroit par exemple.

Comment choisir le nom des chapitres ?

Il faut bien les trouver pour donner envie de lire l’histoire mais sans tout raconter, sans dire tout ce qu’on va y lire. C’est un peu comme donner un nom à une recette.

 

L’auteur est-il aidé ?

Non,  Patrice.Favaro écrit tout seul mais quand il a fini, le texte est envoyé à l’éditeur qui dit si c’est bien ou non puis à un correcteur qui enlève les fautes d’orthographe et de typographie : majuscule en moins, espace en trop, une seule ligne pour une page…

 

Comment avez-vous les idées ?

Pour ce livre là, c’est en allant en Inde où on lui a raconté les histoires. En général, il raconte des histoires dans des endroits qu’il connaît, de choses qu’il a vues ou entendues. Contrairement à d’autres auteurs, il n’aime pas inventer des choses ou des endroits qu’il ne connaît pas. Il a d’ailleurs écrit plusieurs livres sur l’Inde.

Les histoires viennent de choses, d’anecdotes qui l’ont marqué, touché, étonné et qui donnent naissance à l’idée d’une histoire.

 

Pourquoi écrire des livres ?

Patrice.Favaro adore qu’on lui raconte des histoires et en raconter même si ce n’est pas le métier qui rapporte le plus d’argent, c’est une question d’envie. La première façon de raconter une histoire c’est la parole ; quand il était petit son arrière grand-mère lui racontait des histoires d’époques sans électricité et il aimait beaucoup ces histoires. Sans la parole, on peut aussi utiliser les gestes en mîmes, mais aussi l’écriture ou tout ça en même temps au théâtre. Patrice.Favaro a utilisé ces quatre manières de raconter. Il a écrit 30 livres. Il nous a d’ailleurs présenté un autre livre, très différent de Birbal mais qui parlait aussi de voyages…

 

Comment est fabriqué le livre ?

Un écrivain et un illustrateur ne fabriquent pas le livre. L’écrivain écrit un texte sur du papier, l’illustrateur fait les dessins avec plusieurs supports mais ça ne fait pas un livre. C’est l’éditeur qui décide d’en faire un livre ou non.

Celui-ci sélectionne les textes, sur 5000 textes reçus, entre 1 et 3 seulement sont retenus pour faire un livre. Quand l’éditeur décide d’en faire un livre, il choisit d’abord le format, la taille du livre ; puis la qualité du papier, la police d’écriture. Il choisit l’illustrateur puis la couverture. Enfin il envoie tout ça (avec des fichiers d’ordinateurs maintenant) à un imprimeur qui a de grosses machines, comme d’énormes photocopieuses.

Ca fait un gros tas de feuilles mais pas encore un livre. Il faudra couper, plier et relier les pages : on colle et coud les pages c’est le travail du façonneur. Quand le livre est imprimé et cousu, on colle la couverture puis des camions viennent chercher les livres pour les stocker dans des hangars.

Enfin des libraires passent commande puis les vendent en librairie. Le prix du livre est partagé entre toutes ces personnes. Pour faire et vendre un livre il y a 17 métiers différents !

 

Comment avance l’écriture d’un texte ?

Mise en situation des élèves avec Patrice favaro.

A partir de suggestions des enfants de la classe, de leurs petites anecdotes, on a monté le début d’une histoire. On a découpé par scènes.

 

Scène 1 La famille Zozo part en vacances en Floride. Tout le monde arrive à l’aéroport.

 

Scène 2 M. et Mme Zozo se disputent à propos des billets. Qui les a pris ?

 

Scène 3 Pendant ce temps le petit Arthur voit une boutique avec des bonbons. Il y passe un moment pour regarder les bonbons.

 

Scène 4 Il sort de la boutique et là, plus de parents ! Arthur est paniqué !

 

Scène 5 Il voit une dame là où il y avait les parents, il lui demande si elle n’a pas vu ses parents.

 

Pour relancer l’histoire, il faut là un peu de mystère, qui fait peur… La dame peut mentir, ou prétendre les avoir vu…

Là commence le métier de l’écrivain : il a déjà le début de l’histoire il peut commencer à faire des phrases, à mettre des mots dans l’ordre…

On commence par « Ce matin là… ». Mais au fait, comment raconter l’histoire : à la 1ère personne comme si j’étais Arthur ou à la 3ème personne comme si je voyais Arthur ? Décision est prise par les élèves de se mettre dans la peau d’Arthur.

« Ce matin là, on s’était réveillé à 5 heures. Comme d’habitude, maman était déjà prête et papa était encore en pyjama. »

Et on écrit séquence par séquence, en revenant régulièrement sur le texte.

Par exemple :

« Ce matin là, le réveil avait sonné à 5 heures. J’aurai bien aimé rester au lit une heure de plus. »

En relisant à voix haute on a remarqué qu’il y avait une répétition, comment enlever le mot « heure » ?

à « J’aurai bien aimé rester au lit dix minutes de plus, j’étais en train de rêver de la Floride. »

 

Et l’histoire commence à se construire, à prendre vie…C’est très long pour tout mettre en place mais les enfants ont pu en avoir un aperçu, merci M. Favaro !